Stéphane Baller : Les illuminés du droit, bonjour à toutes, bonjour à tous. Alors sont-ils illuminés lorsqu’ils rejoignent les carrières du droit ? On va essayer de vous montrer avec différents portraits de gens qui n’ont jamais fait de droit et qui ont rejoint cette industrie, des gens qui sont dans le domaine du droit, qui y sont toujours, voire d’autres qui sont partis. En tout cas, quelle richesse il peut y avoir à travers cette matière qui nous passionne.
Stéphane B : Nous passionne au sein d’Open Law, l’un des coproducteurs de ce programme, et de Lamy liaisons du groupe Karnov qui nous accueille dans ses studios et qui nous permet de démarrer ce programme. Aujourd’hui, nous avons la chance d’accueillir Léa Fleury.
Stéphane B : Bonjour Léa.
Léa Fleury : Bonjour Stéphane.
Stéphane B : Léa, présidente fondatrice d’Ordali. Ordali, c’est quoi ? C’est l’IA à la française ?
Léa F : On peut dire ça. C’est une IA générative juridique 100 % française.
Stéphane B : 100 % française, pas que féminine parce que vous êtes présidente mais votre associé est un garçon.
Léa F : Oui, tout à fait. Il s’appelle Baudoin, il s’occupe de la partie tech.
Stéphane B : À Chambéry, vous étiez sur les pistes et vous avez un jour décidé de partir faire vos études de droit à Bordeaux. Qu’est-ce qui s’est passé ?
Léa F : Oui, tout à fait. J’ai voulu quitter ma montagne natale et j’ai commencé mes études à Bordeaux. J’ai fait ma maîtrise à Bordeaux. Ensuite, j’ai intégré l’ESSEC pour le parcours grande école.
Stéphane B : Ensuite, vous avez voulu terminer vos études de droit ?
Léa F : Oui. En parallèle de mes études à l’ESSEC, j’ai terminé mon Master à Paris-Saclay, un master de droit des affaires et fiscalité. Je suis partie en stage chez BTFML (professeur Paclo et Véronique Manier).
Stéphane : Vous avez fait un premier stage en cabinet d’avocat en M&A chez Solégal, puis chez Baker McKenzie.
Léa F : Oui, tout à fait. J’ai décidé de passer le barreau et je l’ai échoué à l’oral.
Léa F : Ma chance, c’est d’avoir loupé le barreau car j’aurais eu une autre carrière, peut-être moins alignée avec ce que je souhaitais. À la suite de ça, je suis partie complètement autre chose, faire du marketing et suis devenue data analyste.
Stéphane B : Ah, du vrai marketing, pas comme dans les cabinets d’avocats où on confond avec la com’.
Léa F : Oui. J’étais dans un milieu plutôt institutionnel, dans le luxe. C’était très intéressant, mais j’avais une étincelle d’entrepreneuriat. Début 2023, après ChatGPT, j’ai identifié quelques cas d’usage. Avec Baudoin, on a commencé à développer notre outil Ordali.
Léa F : Au début de l’année 2023, on a entraîné nos modèles. En mai, on a lancé une première version beta qui a eu un grand succès. Cela nous a permis de signer des premiers partenariats et d’aller sur une dimension plus sérieuse.
Stéphane B : Vous avez identifié des cas d’usage dans votre temps en M&A ?
Léa F : Oui, tout à fait. Optimisation de tâches répétitives et rédaction de documents en série. L’IA peut très bien répondre à ces cas d’usages.
Stéphane B : Par rapport aux grands opérateurs comme Hervy et Gémini ?
Léa F : Nous, on se spécialise sur du droit français. On est complètement hébergé en France, et l’objectif est de créer une solution française sur du droit français.
Stéphane B : Vous êtes log à Station F et avez fait plein de concours. Vous êtes station estager ?
Léa F : Oui, c’est vrai, c’est un milieu assez masculin, mais il y a de plus en plus de femmes. Côté tech et financement, il faut encourager cela. Nous levons des fonds et nous partons du principe que, avec un bon projet et une bonne traction, il n’y aura pas de problème.
Stéphane B : Qu’en est-il de l’industrie du droit? Y a-t-il des regrets ?
Léa F : Je dirais que nous faisons beaucoup d’éducation du marché. C’est un marché nouveau, encore en train de se créer. Il y a un vrai travail d’évangélisation sur la confidentialité et la sécurité des données. Nous devons révéler des cas d’usage industrialisés aux cabinets d’avocats.
Stéphane B : L’internationalisation est-elle une voie envisageable ?
Léa F : Oui, mais il y a beaucoup de choses à faire en France. Nous préférons avancer lentement sur cette internationalisation, en prenant en compte les subtilités du droit civil et de la common law.
Stéphane B : Avançons lentement. Vous avez accepté l’invitation de venir aux « Illuminés du droit », cela a dû vous faire bizarre d’être dans cette catégorie.
Léa F : Oui, mais je suis flattée. Cela illustre la couleur atypique de mon profil. J’ai connu des échecs mais aussi des succès.
Stéphane B : Ce qu’on vous souhaite, c’est beaucoup de succès, de chance. Merci beaucoup avec Open Law et Lamy liaisons. On espère que vous reviendrez, peut-être avec Baudoin dans un grand studio. À bientôt !