Stéphane Baller : Bonjour à toutes, bonjour à tous. Éclairé par la loi, qu’est-ce que c’est derrière ce titre évocateur? Déjà, une alliance entre Open Law et Lamy Group Karnov pour vous présenter des portraits d’avocats, éclairés mais surtout qui changent le paysage de l’industrie juridique. L’idée derrière cela est de parler de personnes qui n’ont jamais fait de droit et qui arrivent dans cet univers pour développer et mettre en œuvre leur talent au service de la loi. Ce sont aussi des gens qui ont fait autre chose ou qui pratiquent le droit différemment.
Stéphane B : Nous avons aujourd’hui la chance d’accueillir Jonathan Williams. Bienvenue Jonathan.
Jonathan Williams : Merci.
Stéphane B : Jonathan, tu es au sommet de Calam, où Emily Calam a lancé un projet il y a 5 ans. On va reprendre ton origine du sud de l’Angleterre. Faire du droit, c’est vrai qu’annoncer qu’on va faire du droit à ses parents, c’est un motif de fierté.
Jonathan W : Je pense que les parents sont fiers des deux côtés de la Manche. Dans ma famille, il n’y avait pas beaucoup d’universitaires. Mon grand-père, à la sortie de l’armée, a été le premier à poursuivre ce type de parcours universitaire. Mon père n’était pas avocat, et je n’avais aucune attirance particulière pour l’environnement juridique, à part une attirance naturelle pour la culture, le cinéma, le théâtre, la littérature. Je voulais absolument être barister, avec la perruque comme on le voit au cinéma.
Stéphane B : Ah oui, barister avec la perruque, et plaider au quotidien.
Jonathan W : Exactement, et plaider pour une belle cause, être du côté de la Couronne d’Angleterre. J’étais l’un des procureurs de la Couronne Sa Majesté. J’étais au bureau du procureur à Portsmouth. Londres puis ensuite des quartiers défavorisés.
Stéphane B : Les jeunes anglais vont faire leurs études très loin, tu étais à Exeter. Vous pourriez croiser des Bretons. Vous êtes jumelé avec Rennes.
Jonathan W : Oui, c’est vrai, mais honnêtement, les Anglais ont tendance à s’éloigner du domicile pour le rock. Pour moi, c’était Manchester.
Stéphane B : Cette carrière et ses études avec un passage à la Sorbonne. Ta qualité de français est excellente.
Jonathan W : Je dois beaucoup à mes parents, qui étaient francophiles. À 14 ans, ils m’ont proposé de faire un camp d’été en France. J’ai accepté et j’ai passé 8 semaines en immersion totale dans une cuisine à Saint-Lunaire. La Sorbonne m’a donné rigueur intellectuelle, mais je dois surtout mon français à cette immersion.
Jonathan B : J’ai commencé au barreau de Londres et j’ai appris qu’il y avait un échange avec le barreau de Paris. Je me suis inscrit, et j’ai passé un mois formidable à suivre un pénaliste, Benoît Chaber. J’ai découvert des différences entre les systèmes judiciaires français et anglais.
Stéphane B : Pourquoi partir barister pour arriver chez J en arbitrage ?
Jonathan W : J’ai déménagé en France, cherché du travail et envoyé des CV. J’ai été retenu pour un dossier urgent chez J. L’arbitrage est une discipline internationale naturel.
Jonathan W : Je suis arrivé chez J pour apprendre principalement. Après plusieurs Simons, États souverains, etc., j’ai décidé de rejoindre Bergoltini pour avoir l’occasion de plaider.
Jonathan W : C’était une intensité classique dans le milieu, avec des jeunes enfants. J’ai voulu voir la vie différemment.
Stéphane B : Vous êtes arrivé chez Calam et avez vite pris en charge l’international. J’imagine des débuts compliqués et une histoire amusante du premier tintement.
Jonathan W : Oui, nous avons eu beaucoup de chance et les premiers clients sont arrivés très rapidement. Nous avons fait une croissance rapide malgré le covid. Emilie m’a confié rapidement la partie internationale, et nous avons regardé pour être à Legalweek avec 5000 personnes à Las Vegas. C’était très coûteux mais nous avons trouvé un moyen de nous démarquer avec « Making Legal Shine ».
Stéphane B : Comparaison avec des jeunes étudiants DU Transformation Digitale du Droit et LegalTech. Pourquoi choisir entre l’univers de la legaltech et la carrière d’avocat ?
Jonathan W : Je reste avocat au barreau de Londres, et il n’y a rien de mieux si cela vous fait vibrer. Mais il y a aussi beaucoup d’autres choses passionnantes à faire, avec des discussions, des plénières et des projets innovants. L’opposition entre la maison luxe de l’avocat et la maison industrielle de la legaltech peut être vue comme un complément.
Jonathan W : Chaque famille anglaise a une tradition, la boîte à perruque. Mes parents m’ont offert une boîte de Quality Street au lieu de la traditionnelle boîte à perruque. Cette boîte permettait de transporter la perruque faite de crin de cheval, une tradition du barreau qui remonte au 13e siècle.
Stéphane B : Nous avons eu le plaisir de discuter avec Jonathan Williams. Merci d’avoir partagé ce moment et éclairé par le droit. Nous espérons que vous reviendrez bientôt. À très bientôt !