Quelles sont les perspective de recrutement de cadres, et notamment de cadres RH, en ce début 2021 ?
2020 a été une annus horribilis pour les cadres avec une baisse des intentions d’embauche jamais vue, 40% de moins. On devait avoir une année historique positivement. On a eu une année historique négativement.
Si on regarde le profil de l’année à travers un indicateur, qui est celui des offres d’emploi déposées sur apec.fr, et qui est un bon indicateur, on a une fin d’année 2020 qui est plutôt moins mauvaise. On est à moins 13% en novembre et décembre sur les offres, quand on a été à moins 50% dans la période mars, avril, mai.
Donc il y a un peu de mieux. Mais ce qu’on anticipe, c’est un effet négatif, non pas seulement sur le flux d’embauches de cadres, mais aussi sur les effectifs cadres. On n’a pas vu ça depuis trente ans. La dernière baisse des effectifs cadres, c’était dans la crise du début des années 90. Là, on pense qu’en 2021, on aura des suppressions d’emplois qui vont concerner des cadres, des ingénieurs.
Sur les cadres RH on a moins 31% en moyenne sur l’année sur les offres de cadres RH, donc on est plutôt dans la moyenne, un petit peu au-dessus de la moyenne des cadres. On peut penser que les fonctions dites « support », je n’aime pas bien qu’on parle de fonction support pour les RH, mais ce type de fonction a été plus impacté que les autres. Effectivement, ce sont dans les sièges et dans ce type de fonction qu’on a d’abord, arrêté les embauches.
Des difficultés de recrutement persistent-elles malgré la crise de la COVID ?
En effet, c’est important de le dire, ce n’est pas parce qu’il y a moins de recrutements qu’ils sont plus faciles. Ce serait une erreur de croire ça.
D’ailleurs les entreprises en sont très conscientes puisque dans le baromètre qu’on a fait à l’automne, six sur dix de celles qui avaient l’intention d’embaucher des cadres disaient qu’elles auraient des difficultés à faire ces recrutements. Donc la crise n’efface pas par miracle les pénuries de compétences qu’on peut avoir à certains endroits, et ça peut même accroître la difficulté de façon assez paradoxale.
On sait que ces périodes de crise ne sont pas très favorables à la mobilité des cadres qui ont déjà un emploi, parce que démissionner, quitter son entreprise pour l’aventure d’un nouveau job, c’est parfois prendre un risque.
Comment l’Apec accompagne-t-elle les entreprises durant cette crise sanitaire ?
Tout d’abord, il y a l’accompagnement de l’Apec. Ce sont des offres d’emploi, des recrutements, des entreprises qui recrutent, notamment des TPEPME (80% de nos clients). C’est également aider à la rédaction d’une offre d’emploi, c’est présenter des candidats à l’entreprise.
Mais dans la crise, nous avons adapté et apporté de nouveaux services. Par exemple pendant le premier confinement et à nouveau le deuxième des webinaires sur : Comment mener un entretien d’embauche à distance ? Comment intégrer un collaborateur en période de confinement ? Donc des choses vraiment tout à fait adaptées. Au-delà de ça, on a l’ambition à l’Apec d’approfondir la façon dont nous pouvons aider les entreprises dans cette période, celles qui recrutent, notamment pour plus d’efficacité du recrutement, et de la mise en relation que peut faire l’Apec. C’est un de nos chantiers prioritaires en 2021. Mais aussi pour les entreprises qui ne recrutent pas en ce moment, ou qui ne recrutent plus.
Notre message c’est : Ne perdez pas le contact avec le marché du travail. De la même façon qu’il ne faut pas perdre le contact avec ses clients et pas perdre le contact avec l’Apec. C’est une façon finalement de rester ouvert sur le marché, de travailler les fondamentaux, la marque employeur, de préparer la reprise.